Saint-Prouant. La fontaine Tête Nère, une source miraculeuse

Dédé Poisblaud, à gauche, accompagné d’Olivier Peignon, propriétaire des lieux.

À Saint-Prouant, beaucoup de gens ont entendu parler de cette fontaine, de ses vertus soi-disant miraculeuses et de sa légende, mais peu savent vraiment où elle se trouve.

L’endroit est bucolique mais il se mérite. Niché à flancs de coteaux, tout près de la rivière du Grand Lay, il ne se laisse pas apercevoir si facilement. Le promeneur doit traverser un champ puis arpenter quelques dizaines de mètres, à travers les broussailles, avant de parvenir au pied d’un chêne magnifique, où coule la source dite de la Fontaine Tête noire ou Fontaine Tête Nèreen patois Vendéen.

 

André POISBAUD (dit Dédé) est heureux de retrouver l’endroit où il venait jadis enfant avec ses aïeux. Et heureux également de déguster son eau très fraîche ! surtout appréciée en ces jours de canicule !

André POISBLAUD, 77 ans, qui demeure rue du Grand Lay, à Monsireigne, s’en souvient très bien.  » J’y venais tous les dimanches avec ma mère et ma grand-mère. C’était surtout les gens de Monsireigne qui y venaient, peut-être parce que l’accès était plus facile de ce côté ? »

Une fontaine célèbre pour sa légende

D’après la légende relatée par Mme Brisseau, habitante de Monsireigne, dans un livre dur les contes des bords de Lay, paru en 1956, « c’est de là que Saint-Prouant tient son nom. Selon elle, Saint-Prudent, qui évangélisait le haut-Poitou, il y a bien longtemps de ça, s’y serait arrêté pour s’y désaltérer. Le soir, il aurait trouvé refuge au Moulin de Rechin où le meunier lui fournit le souper et le coucher.    

Pour le remercier, le saint homme lui conseilla de boire un verre de cette source tous les jours, ce qui guérirait ses rhumatismes. Sa fille, elle, devait y aller et y jeter deux épingles dans son eau. Si celles-ci touchaient le fond en croix, c’était un mariage assuré dans l’année ».

  La légende se répandant, les gens aux alentours venaient prendre de l’eau de la fontaine, espérant guérir leurs rhumatisme ou bien marier leur fille. Par déformation phonétique, le nom de Saint-Prudent se transforma en Saint-Prouant, nom qui est resté à la commune sous sa forme actuelle. Aucun doute pour Dédé Poisblaud qui se souvient : « très bien que les femmes amenaient toujours avec elles des épingles qu’elles jetaient dedans »?

  Aujourd’hui, ce petit pèlerinage a disparu, « il y a plus de 50 ans ». Connue depuis longtemps, on retrouve cette source sur une carte cadastrale de 1824. « C’est une source qui ne tarit jamais », explique Olivier Peignon, le propriétaire des  terres sur lesquelles elle court. « Hiver comme été, son débit est toujours le même. Autrefois, il y avait une belle fontaine en garnit installée à son pied, mais le précédent propriétaire l’a comblée et juste installée un tuyau pour l’écoulement. C’était il y a quarante ans peut-être. je l’ai fait analyser, elle est complètement potable. De là à avoir des vertus miraculeuses, qui sait ? » Seule la foi est nécessaire !

Source : Ouest-France